jeudi 28 février 2013

IGP pays charentais blanc : mon coup de cœur du jury 2013


Si la région est réputée pour le cognac, le pays charentais fait montre depuis une trentaine d’années d’une belle dynamique viticole. Rencontre de ce jury 2013 du Concours général agricole ? l’IGP pays charentais en blanc.

Cognac, pineau des Charentes… Les productions alcoolisées issues de raisin sont connues et fameuses. Beaucoup plus confidentielle reste la production de vins rouges, rosés et blancs.

Ce renouveau – puisqu’il s’agit là de remettre au goût du jour une production tombée en désuétude – remonte à la fin des années 1980, lorsque, dans un contexte économique difficile de baisses des ventes et exportations notamment du cognac, les viticulteurs réagissent en décidant de se diversifier.
On arrache alors nombre de pieds de vigne, aidé en cela par l’Etat, ceux d’ugni blanc, le cépage roi réservé au cognac.
On lui substitue sauvignon, surtout, chardonnay, ensuite, sémillon, chenin ou encore colombard pour les blancs, merlot, cabernet sauvignon et cabernet franc pour les rouges, ainsi qu’un peu de gamay et pinot noir.
Si les premières cuvées sortent de leur chais au début des années 1980, le vignoble a depuis fait un sacré bout de chemin : il s’étend sur 4 500 ha pour une production d’un peu moins de 90 000 hl (chiffres 2010).
- vins rouges pour 37 % ;
- vins blancs pour 33 % ;
- vins rosés pour les 30 % restants.

Une petite introduction pour mieux parler d’une belle rencontre, celle de vins blancs 2012 au Concours général, des vins à la robe jaune clair, aux éclats dorés. Au nez, ils sont vifs, très fruités aux arômes d’agrumes, de pêche voire de fruits exotiques comme… la mangue ! Une promesse tenue en bouche. Ils m’ont surpris par leur belle fraîcheur qui explose littéralement et à la finale parfois persistante.

mardi 26 février 2013

On a testé pour vous… Etre membre du jury du concours général agricole



Certains « spécialistes » du vin tirent à boulets rouges sur les vins médaillés et la floraison impressionnante de concours nationaux, régionaux ou internationaux… Tout comme le monde du vin, celui des concours est fait de nuances… Pour défaire le vrai du faux, j'ai participé au jury du concours général agricole…

Le concours général agricole, Vinalies internationales, le concours des vignerons indépendants, le concours régional des vins du Sud-Ouest, le concours des vins Orange, ou encore le concours des grands vins du Languedoc-Roussillon… Les concours se sont multipliés depuis quelques années (le concours régional des vins du Sud-Ouest date de 1995, le concours des grands vins du Languedoc-Roussillon de 2006…) et leur corollaire, le nombre de vins médaillés, aussi… Aujourd'hui, de plus en plus de critiques s’élèvent contre cette multiplication de dégustations (qu’il s’agisse de revues spécialisées ou de blogueurs autoproclamés « avertis ») et de leurs conséquences, la multiplication des vins arborant des médailles.

Tout le monde dans le même bain ?
Pour certains, point de salut, tous les concours obéissent à la logique de l’invincible grande distribution. C’est à mon avis, simplifier un peu trop le sujet.
Homme de nuances, j'ai donc décidé d'aller voir ce qu'il se passait derrière le miroir d'un des plus connus et en tout cas respecté  : le Concours général agricole… D'emblée, on peut lire sur son site : « C'est un concours de référence, reconnu pour son impartialité, conséquence d'un processus rigoureux de présélections et de sélections et la valeur des résultats. » 

Vous avez dit 30 % de vins médaillés ?
S’il est vrai que les droits de participations sont chers (comptez jusqu’à presque 300 € pour la participation d’un vin à l’édition 2013), cela permet aussi de limiter le nombre d’échantillon par producteur. Quant à la limite de 33 % de vins médaillés, il serait plus juste de dire « médaillables ».
Si, sur une table d’échantillons, aucun produit ne sort du lot, pourquoi donner des médailles… Ce tiers de produits est un maximum, non pas une obligation, conformément aux recommandations de l’OIV. Comme en témoigne Dominique, amateur très éclairé qui participait cette année à son dixième jury : « Comme ce fut le cas une année, sur une table de grands vins blancs bourguignons, on se doutait que les grands noms n’avaient pas besoin de médailles pour se faire connaître. Résultat, on a récupéré quelques producteurs médiocres… mais aucun n’a eu de médaille… »
Autres chiffres : il y avait 1500 échantillons présents (AOC et IGP) lors du concours des grands vins du Languedoc-Roussillon, seuls 56 ont été médaillés d’or !

Des vins médaillés chez des cavistes ?
Une question que ne sont pas posés mes « homologues ». Pourquoi les cavistes indépendants proposeraient-ils les mêmes vins que la grande distribution ? Si cette dernière s’est accaparée la vente des vins médaillés, il est bien évident que les petits « artisans » ne vont pas se bousculer pour lui emboîter le pas !
On peut aussi se demander pourquoi, par exemple, quelque… 16 577 vins ont été envoyés en compétition cette année 2012 au concours général agricole, dont l’un des objectifs est de valoriser une production…

Les gardiens du temple
Pour ce qui est de la représentativité du vignoble, au concours général agricole, on est pas là pour rigoler : les échantillons sont préalablement testés afin d’évincer ceux qui ne seraient pas conformes à l’AOC (AOP aujourd’hui, normes européennes obligent). Ce point, assumé par l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine, aussi appelé Institut National de l’origine et de la qualité) permet donc de proposer aux jurys, et donc au-delà aux consommateurs, des vins conforment à leur cahier des charges.
Ce choix assumé est aussi celui d’autres organismes qui souhaitent proposer au public des vins qui entrent dans la typicité de leur appellation. C’est le cas des quatre Maisons des vins des pays de Loire qui proposent à la vente dans leurs locaux des vins qui témoignent de leur unicité…

En guise de conclusion
Aux détracteurs des vins médaillés : sachez, pour avoir été cette année un des membres du jury lors du dernier concours agricole, que les tables sont, dans leurs très grandes majorités, composés de professionnels de la filière (œnologues, vignerons, négociants…) et d’amateurs avisés qui - tous participants à titre gracieux - savent bien que les vins proposés ne sera pas crème de l’appellation, mais les deuxièmes couteaux…

Alors, quand on lit des propos comme ceux-là : « La seule garantie d’une médaille, c’est que le vin qu’elle récompense ne s’en est pas trop mal tiré lors d’un concours dont on ne connaît ni les règles, ni le jury, ni – et c’est le plus important, s’agissant d’un concours – le niveau moyen des participants », la moindre des choses est d’aller pêcher l’info là où elle est, sinon de passer son chemin pour aller gloser de sujet que l’on connaît…

vendredi 22 février 2013

Picpoul de Pinet devient une AOC à part entière


La plus grande appellation de vin blanc du Languedoc est depuis le 14 février une AOC à part entière.

Carte de l'appellation (CP 2013).
C’est l’aboutissement d’une demande formulée pour la première fois en… 1992 auprès de l’Inao. Mais depuis le 14, c’est chose faite : Picpoul de Pinet devient une AOP (le terme AOC peut encore être utilisé pour les vins en France, NDLR) à part entière. Rejoignant ainsi corbières, fitou et autre minervois, l’appellation « languedoc » a été reconnue à l’unanimité par les membres du comité national de l’institut national.
Cette décision renforce bien sûr l’image du Picpoul de Pinet en tant que vin blanc attaché à son terroir qui avoisine les bords de l’Etang de Thau (voir carte ci-jointe).
Avec ses quelque 70000 hectolitres de production annuelle et plus de 300 vignerons, la nouvelle AOP Picpoul de Pinet devient le vin blanc incontournable dans le paysage viticole local qui se positionne sur un produit frais et aromatique, proche du terroir méditerranéen.
Les terroirs de la Clape et de Pic Saint-Loup sont à ce jour les prochains sur la liste des demandes de classement… A suivre.

mercredi 20 février 2013

Le danger des pesticides dans le vignoble


Une étude dirigée par l’association Générations Futures vient d’être rendue publique. Elle met l’accent sur l’exposition aux pesticides des salariés viticoles mais aussi des riverains…

L’étude publiée ne se veut pas scientifique puisque – comme le précisent ses auteurs – elle ne prend qu’un échantillon limité de personnes, salariés viticoles et riverains. Mais elle met néanmoins le doigt sur un problème de santé publique qui risque de faire parler de lui de façon exponentielle : l’exposition de populations et de l’environnement à des produits phytosanitaires dont elle révèle la présence dans les cheveux, notamment.
L’échantillon de « cobaye » ? 15 salariés viticoles dont 6 disent ne pas avoir été exposés directement à des pulvérisations de produits, et 10 non-salariés viticoles (5 riverains des vignes, et 5 personnes vivant loin des vignes).
Ses conclusions ?
Les cheveux des salariés agricoles renferment 11 fois plus résidus de pesticides en moyenne que les riverains habitant loin des vignes (6,6 pesticides en moyenne contre 0,6).

Elle met aussi en évidence qu’il y a également 5 fois plus de résidus de pesticides en moyenne chez les riverains de la vigne que chez ceux résidant plus loin.

L’association met en garde les autorités sur la dangerosité de certaines molécules, même si celles-ci sont toutes autorisées.
Précisions données dans l’étude :
• Au moins 45% d’entre elles sont classées cancérigènes possibles en Europe et aux USA ;
• Plus de 36% de ces molécules sont suspectées d'être des perturbateurs endocriniens…

Retenons enfin que la France est le plus gros consommateur de produits phytosanitaires d’Europe !


dimanche 17 février 2013

Qu'est-ce que le premier nez d'un vin ?


Quelqu’un vient de vous servir un verre de vin. Le premier réflexe reste souvent de remuer le vin, voire, de le faire tourner… Erreur ! Pourquoi ?

Agiter le verre que l’on vient de vous servir avant même d’avoir porter dessus le nez est une erreur fréquente. Si vous avez de l’intérêt pour le vin contenu dans ce verre, prenez d’abord le temps de regarder sa robe qui vous raconte déjà beaucoup de choses (dans un autre article).

Le premier nez, un rendez-vous important avec le vin. © DR.
Tel quel, juste après voir été versé, le vin vous présente ce que l’on appelle son premier nez. Avant toute aération, celui-ci permet d'avoir une idée de son état d’évolution. En ouvrant la bouteille, tous les éléments qui composent le vin ont été « libérés » (eau, bien sûr, mais aussi alcool, sucres résiduels, anthocyanes et tanins pour les vins rouges…) de leur prison de verre.
Tous n’ont pas forcément eu le temps de s’imbriquer les uns dans les autres, de trouver leur équilibre.

Aussi, ce premier nez, va vous permettre d’approcher une première qualité du vin servit. Est-elle subtile, intense, plaisante, douteuse, agréable ?
Ce premier contact, fugace, n’est bien sûr pas définitif, mais déjà riche en informations, notamment sur les premiers arômes du vin – ce qui signifie que le vin est ouvert s’ils sont décelables, ou fermé dans le cas contraire – sa puissance, un éventuel goût de bouchon…
Ce premier contact peut vous permettre de commencer à définir les familles d’arômes… Bref, de vous donnez une tendance générale.

Vous l’avez compris, remuer immédiatement son verre ne vous permettra pas de profiter de ces informations qui seront « perdues », le 1er nez étant souvent différent du nez après aération, le 2e nez.