jeudi 31 janvier 2013

Néophytes amateurs de vins ? Ce livre est fait pour vous


La journaliste bloggeuse Ophélie Neiman sort un ouvrage qui propose « toutes les clés pour parler du vin, le marier et surtout l’aimer (avec modération)…

Ophélie Neiman, est journaliste multimédia et passionnée de vin. Elle anime le blog « Les tribulations vinicoles de miss glouglou » sur lemonde.fr. Elle a publié, fin 2012, un ouvrage format poche (il tient dans la poche d’un jean, j’ai vérifié) qui décline tout au long de ses 236 pages, le vin pour ceux qui n’y connaissent rien.
C’est là d’ailleurs le titre de l’ouvrage qui s’articule en quatre chapitres :
1 – parler du vin
2 – comprendre le vin,
3 – choisir un vin
4 – et, créer sa cave.
L’originalité de cet ouvrage ? Le ton de la journaliste, joyeux, légèrement désinvolte (« On ne compte plus les réponses des serveurs parisiens du genre : ‘ ben, les deux sont des vins blancs, de toute façon ça ira avec votre sole ’. Super, merci. ») qui fait mouche… D’amblée, d’ailleurs, elle décomplexe son lectorat («  Bonne nouvelle : nous ne percevons pas les odeurs comme notre voisin ») pour mieux dérouler ses explications, sans bla-bla superflu, ni fioriture. Juste le nécessaire, rien que le nécessaire… Une jolie synthèse, rondement menée et le tout au prix d’une honnête bouteille…
C’est d’ailleurs en proposant les siennes, par thématiques, que Ophélie Neiman conclue sa démonstration du « komenkonfait » pour approcher le vin… Un excellent cru !

Carte d’identité :
Le vin pour ceux qui n’y connaissent rien
Auteur : Ophélie Neiman
Parution : Octobre 2012
Editeur : L’Etudiant
Pages : 236
Format : 12,5 x 17,5 cm
ISBN : 978-2-817-601861
Prix : 12,90 €

Rivières de délices, rivières de grands crus


Le 21 janvier dernier se déroulait la 9e édition de la Dégustation des Grands Crus de Bourgogne à Paris.

© Julien Frizot.
Domaine Bertagna, Domaine Garnier & Fils, Henri de Villamont, Domaine Berthelemot ou encore Château Genot-Boulanger… Les professionnels du vin avaient, pour une petite trentaine d’entre eux, répondu présents à l’invitation de la revue Bourgogne aujourd’hui pour le plus grand plaisir des professionnels (cavistes, sommeliers, restaurateurs…) mais aussi de nombreux amateurs éclairés. Lundi 21 janvier, tout ce petit monde se retrouvait dans les salons du Cercle national des Armées pour échanger sur ses passions communes pour les grands crus bourguignons.
Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour la dixième édition, en 2014 !

mardi 15 janvier 2013

L'affaire Labouré-Roi qui ébranla le vignoble bourguignon

Toute une région ébranlée par une fraude massive (©DR).
 

Retour sur l'affaire de la maison de négoce Labouré-Roi, qui a éclaté publiquement l'année dernière, en 2012, demeure l'un des cas de fraude les plus massifs et les plus emblématiques de l'histoire du vignoble bourguignon. En touchant une institution bicentenaire basée à Nuits-Saint-Georges, ce scandale a mis en lumière des dérives systémiques industrielles au cœur d'une région qui fonde l'essentiel de sa valeur sur le prestige de ses terroirs et la rigueur de ses appellations. Retour sur les tenants et les aboutissants d'une machination qui a durablement marqué les esprits et renforcé les contrôles.


Les tenants : un système d'ajustement à grande échelle


Le mécanisme de la fraude, mis au jour par une enquête minutieuse de la Répression des fraudes et de la gendarmerie, reposait sur une manipulation quasi industrielle des volumes et des étiquettes. Confrontée à des impératifs commerciaux mondiaux et à des récoltes aux volumes fluctuants, la direction avait mis en place un système informatique parallèle permettant d'ajuster les stocks de manière artificielle. Concrètement, lorsque la maison manquait d'un vin prestigieux ou d'une appellation spécifique pour honorer une commande, elle y substituait un vin d'appellation inférieure, voire un simple vin de table.

Ce procédé de coupage et d'interversion systématique a concerné des millions de bouteilles sur plusieurs millésimes. Des vins de vignerons indépendants étaient mélangés sans aucun respect des règles de traçabilité, et des distinctions prestigieuses, comme des médailles de concours, étaient apposées sur des cuvées qui ne les avaient jamais obtenues. L'enquête a démontré que la fraude n'était pas l'œuvre d'un salarié isolé, mais bien une stratégie managériale délibérée visant à maximiser la rentabilité au détriment de l'authenticité du produit.


Les aboutissants : un séisme judiciaire et une image ternie


Les conséquences de cette révélation ont été immédiates et dévastatrices pour l'entreprise, mais aussi pour l'ensemble de la filière bourguignonne. Sur le plan commercial, la maison Labouré-Roi a vu ses contrats s'effondrer, notamment avec de grandes compagnies aériennes et des distributeurs internationaux qui s'approvisionnaient massivement chez elle. Le préjudice moral pour l'image de marque des vins de Bourgogne a poussé le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) ainsi que de nombreux syndicats d'appellations à se porter parties civiles pour réclamer réparation.

Sur le plan judiciaire, l'affaire s'est étirée sur plusieurs années avant de déboucher sur de lourdes sanctions financières et des condamnations pénales pour les anciens dirigeants, scellant le démantèlement de l'ancienne direction et la revente de la structure à un autre groupe viticole. Ce scandale a agi comme un puissant électrochoc en Bourgogne, poussant l'interprofession et l'État à durcir drastiquement les protocoles de suivi informatique des flux de vin. Il a rappelé au monde du négoce que la valeur d'un grand cru ne réside pas seulement dans son nom, mais dans l'inviolabilité absolue de sa traçabilité, du cep de vigne jusqu'au verre du consommateur.